La gestion de territoires à enjeux environnementaux par les agriculteurs : les milieux de landes et de tourbières dans le Limousin


Les milieux sensibles et emblématiques de la région Limousin, tels que les landes à bruyères et les tourbières, connaissent depuis un siècle environ une diminution drastique de leurs surfaces du fait des activités agricoles et sylvicoles. Des mesures de sauvegarde se multiplient (dispositifs réglementaires, acquisition de sites par le Conservatoire Régional des Espaces Naturels (CREN), mesures agroenvironnementales adaptées…
Néanmoins, l’avenir de ces milieux dépend largement des pratiques des exploitants.

Ces pratiques sont certes dépendantes de la situation économique des filières mais également de la perception que les agriculteurs peuvent avoir de l’environnement et des milieux naturels. A l’initiative du CREN et en partenariat avec le CNASEA, des enquêtes (environ 40) menées sur deux secteurs du Limousin particulièrement riches en biotopes sensibles (les Monts d’Ambazac, en Haute-Vienne et la Montagne Limousine : massif des Monédières et plateau de Millevaches, en Creuse et Corrèze) ont permis de montrer que si les tourbières connaissaient un regain d’intérêt motivé notamment par la période de sécheresse de 2003 (ressource en eau et fourrage pour le bétail), il n’en était pas de même pour les surfaces de landes considérées comme de futures prairies en cas d’extension de l’activité d’élevage. Paradoxalement, les milieux de landes sont ceux offrant le plus de possibilités de diversification de par l’exploitation du milieu : petits fruits, herboristerie et phytopharmacologie, développement touristique (les landes constituant la « carte postale » touristique du Limousin).